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Les anti-ours, un problème pour la Démocratie

Depuis quelques mois, nous pouvons observer comment les anti-ours interviennent sur le tarrain et dans la presse.
 
Nier la concertation
 
De manière permanente, ils nient qu'il y ait eu concertation.  Les ours seraient imposés «d'en haut, de Paris, de Bruxelles» méprisant ces pauvres Pyrénéens comme les seigneurs méprisaient jadis serfs et manants. C'est bien entendu, faux. La réalité est que s'engageant dans la construction européenne dont la France bénéficie largement, l'Etat est lié par des engagements internationaux (Convention de Berne) ou des Directives Européennes (Directive Habitat).
En d'autres termes, il y a des contre parties (dont fait partie la politique européenne de protection de la nature) et l'Europe ne se résume pas à la PAC, ce qu'oublient trop souvent les éleveurs et les élus anti-ours. Ils en bénéficient, et sans les subventions de la PAC, l'élevage, même totalement libéré de la charge de la surveillance et des soins aux troupeaux serait dans une situation où il n'aurait plus aucune rentabilité pour les éleveurs. Bref, c'est un peu comme s'ils voulaient l'argent de la PAC, qui les aide à maintenir leur activité, sans la politique européenne de protection de la nature et de conservation des espèces. Ou le beurre et l'argent du beurre.
Ce dossier embarrasse l'Etat depuis très longtemps. Il sait qu'il a affaire localement à une minorité très déterminée et prête à troubler l'ordre public pour obtenir satisfaction. En 1994, il a d'ailleurs tenté de se débarrasser en grande partie du problème en remettant la responsabilité de l'avenir de l'espèce à une nouvelle sorte de collectivité territoriale, l' Institution Patrimoniale du Haut Béarn qui a très vite montré qu'elle était peu motivée par la protection de l'espèce, mais beaucoup plus par la manne financière venue «de la ville» pour aménager et équiper ses territoires.
La protection des ours arrivant bonne dernière, symbolique, au chapitre des dépenses de cette institution. Nous avons vu ce qu'il en est advenu. Cela fait trente ans que la concertation dure et que les partisans de la disparition de l'ours la «réclament» jusque dans les réunions de concertation et dont pas moins de trois «plans ours» ont été le résultat. (voir le plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les pyrénées françaises 2006-2009 sur la page de la buvette  documents sur les ours).
Cette concertation a connu bien des péripéties, dont Monsieur Jean Lassalle a régulièrement été l'auteur. Ainsi sa «demande» d’un relâcher de deux ourses en Haut Béarn (autorisé par Dominique Voynet, ministre de l'Environnement en1999) mais assortie de «mesures d’accompagnement» démesurées qui, elles, ont été refusées. La correspondance à ce sujet entre Jean Lassalle et Dominique Voynet est lisible sur le site de l’IPHB.
Le chapitre le plus récent commence avec la mort de Cannelle en novembre 2004 qui met au grand jour la situation catastrophique dans laquelle se trouve la population d’ours en Haut-Béarn sous la responsabilité de l’IPHB et «l’incapacité» de celle-ci à protéger la vie même des derniers ours d’ascendance pyrénéenne. A cette occasion Serge Lepeltier, ministre, annonce un plan de renforcement prévoyant le relâcher de 25 ours sur plusieurs années. Ceci relance immédiatement l’activité de ceux qui attendaient  l’extermination et l’extinction de l’espèce, en la gérant dans le temps pour continuer à bénéficier du financement de l’IPHB par le Trésor Public.
Quand Nelly Olin prend ses fonctions, le plan de renforcement passe de 25 ours à un renforcement de 5 ours seulement. Ce qui ne les empêche pas de dénoncer la «sourde oreille», le mépris dont ils sont victimes. Mais cela ne leur suffit pas.
 
Une campagne d’opposition
 
Les anti-ours continuent alors en l’amplifiant, fort des concessions obtenues, une campagne d’opposition à ce plan, dénonçant comme toujours l’absence de concertation. Tout ceci dans un contexte où la réintroduction de trois ours slovènes (dont une ourse immédiatement abattue par un chasseur dans les mêmes conditions que Cannelle en 2004) est, elle, un succès ayant permis la naissance, depuis 1996, de plus d’une dizaine d’ours. Ils dénoncent aussi les ours «fauves slovènes» comme très différents de leurs «bons» ours qu’ils «préfèrent» si fort.
 
Désinformation raciste
 
Les anti-ours décrivent les ours étrangers comme plus carnivores et s’attaquant plus aux troupeaux que les ours «français». C’est à la fois vrai et faux : Les ours, quelle que soit leur origine, attaquent les troupeaux non gardés et non protégés. Dans les Pyrénées Centrales, où les ours avaient totalement disparu au début des années 90, les troupeaux non gardés sont nombreux.
En Haut Béarn, les attaques sont moins nombreuses, car l’Ours n’y a jamais complètement disparu : les troupeaux sont mieux protégés. Néré, d’origine slovène, s’installe un jour en Vallée d’Aspe et «chasse» du territoire l’ours Papillon, vieux grand mâle pyrénéen attaquant très peu les troupeaux.
Néré cesse quasiment alors d’attaquer les troupeaux, alors que Papillon va s’installer en vallée de Luz, plus à l’Est, dans une région où les troupeaux ne sont pas gardés et change alors totalement de comportement, attaquant régulièrement les troupeaux, au point d’être pris pour un autre pendant quelques temps. Le plan Ours prévoit un dispositif d'aide à l'emploi de bergers et à la protection des troupeaux.
 
Les ours slovènes seraient moins craintifs
 
Les anti-ours décrivent les ours d’origine slovène comme plus agressifs, plus audacieux et moins craintifs que les ours d’origine pyrénéenne, faisant monter la mayonnaise autour de quelques incursions et attaques d’ovins par un ours (Boutxy) à proximité immédiate d’habitations à son «réveil» printanier.
Les anti-ours agitent la «menace» d’une attaque d’ours sur l’homme, déclarent craindre pour la vie de leurs enfants et leur liberté de circulation. Or ces incursions, sans être le fait de tous les ours, ont été régulières dans les Pyrénées à l’époque où ils étaient plus nombreux et d’origine pyrénéenne.
C’est à cette époque que survient, à point nommé, cette curieuse affaire d’un «randonneur» qui dérange un ours particulièrement irascible en train de dévorer un isard et qui le «charge».  Il ne doit son salut qu’à ses deux jambes particulièrement efficaces (un ours court à 40km/h) !

Il s’agit de désinformer, d’exagérer et de manipuler une opinion favorable aux ours mais peu précisément informée de leur histoire et de leur comportement. On pose devant les caméras complaisantes, on dramatise, on  théâtralise. Les anti-ours manient aussi deux thèmes complètement contradictoires :
  • D’un côté, ils disent que les Pyrénées ne sont plus assez sauvages pour accueillir des ours en nombre (on mène donc ces «pauvres bêtes» au casse-pipe) et qu’ils ne pourront donc s’y reproduire.
  • De l’autre ils disent que la population d’ours augmentant (comment, s'ils ne se reproduisent pas?), la probabilité de rencontre ours/humain va augmenter aussi et avec elle la probabilité d’une attaque fatale à l’Homme.  Toujours faire peur, dire une chose et son contraire.
Après les mots de la terreur, les actes
 
Comme Madame Olin ne peut pas descendre en dessous de 5 ours sans désavouer totalement les engagements de son prédécesseur, les anti-ours passent à l’action violente pour obtenir satisfaction.
Par deux fois, ils s’en prennent au village d’Arbas. La justice vient d’en condamner quelques-uns à des peines avec sursis contredisant les minimisations de ceux qui trouvaient un caractère anodin à ces actions.
Ils s’opposent physiquement au premier lâcher et tentent en vain de le faire pour les autres. Des menaces à peine voilées sont lancées contre la vie des ours et notamment de la première ourse, Palouma.  On retrouve «dans la montagne» des pots de miel contenant des morceaux de verre.
 
Des ours rebelles, un Etat soi-disant incompétent
 
Balou «disparaît» pendant quelques jours, ayant pris une direction «imprévue». On le retrouve près de Toulouse ! Les anti-ours se déchaînent, mettant en cause une première fois la compétence de l’Equipe Technique Ours, «incapable» de le retrouver dans cet endroit imprévu et ironisent sur cet ours désorienté par le «kidnapping» ?
Les anti-ours prennent soin de ne pas relever que sa présence, dans cette région de plaine très habitée, n’a été décelée que par des traces, et que bien que désorienté (donc en difficulté) temporairement (et dans des conditions mystérieuses), il n’a attaqué personne et est resté invisible, discret et n’a attaqué ni brebis, ni humain.
 
Exagérons, il en restera toujours quelque chose
 
Puis les anti-ours font une campagne sur l’inadaptation de ces ours slovènes et le traumatisme de la capture et de la transplantation, sur les nombreuses attaques sur les troupeaux, exagérant le nombre de bêtes tuées (le nombre varie beaucoup) mettent en doute une nouvelle fois la compétence et l’impartialité des agents de l’Etat chargés de «suivre» les déplacements et la prédation sur les troupeaux, chaque fois qu’ils refusent d’attribuer des dégâts douteux aux ours.
Ainsi la mort d'un groupe de bovins, pourtant morts de septicémie (c’est officiel aujourd’hui) est portée au compte d’un ours (avec demande d'indemnisation), parce qu’il avait été présent quelques jours auparavant au même endroit et avait tué des moutons.
Les anti-ours mettent en doute une nouvelle fois la compétence de l’Equipe Technique Ours, chargée d’assurer le succès du renforcement de population, en lui préférant la «compétence» de randonneurs passés les premiers (avant l’éleveur qui ne garde pas son troupeau malgré la présence d’ours signalée, pas plus qu’il ne vaccine ses bêtes, une gestion en bon père de famille…).
Selon Philippe Lacube, homme d’affaire et porte parole de l’ASPAP (Association (anti-ours) de sauvegarde du Patrimoine Ariège Pyrénées) : «Nous avons relevé des impacts d’ours sur ces bovins». Or ces «impacts» n’ont pas été retrouvés, pas plus que le calibre de l'ours, ni par l’ETO, ni par l’Ecole Vétérinaire de Toulouse qui a conclu à une mort par septicémie, le troupeau n’ayant pas été vacciné par son propriétaire, Monsieur Lagarde.
Sans doute l’ETO fait-elle, elle aussi, partie du complot contre les éleveurs dont l’ours est l’instrument ? Beaucoup de rumeurs, de «battage médiatique», d’indignations : ces ours sont partout, tuent beaucoup, posent des problèmes. Toutes les bêtes qui meurent là où sont signalés les ours (par radio télémétrie, conformément aux dispositions du plan Ours) deviennent des «dégâts d’ours slovènes».  Alors qu’il meurt plus de dix mille bêtes (non payées aux éleveurs) chaque saison là où il n’y aucun ours. 
Les éleveurs et les élus anti-ours mènent une campagne ciblée sur Franska. Le problème est bien que les éleveurs ne gardent pas leurs troupeaux, les soignent d’une manière très aléatoire et ne protègent pas leurs troupeaux contre les prédateurs, les laissant errer au hasard sur les estives. Les anti-ours ont maintenant l’impudence goguenarde de demander que l’on «garde les ours», à défaut bien sûr de les éliminer, ou de les renvoyer en Slovénie ou ailleurs.
 
Traques et battues illégales
 
Une battue «d’effarouchement» (illégale) est organisée début août près du col du Soulor (Hautes Pyrénées) A la fin du mois, Palouma fait une chute accidentelle (?), mortelle, dans des conditions mystérieuses compte tenu du contexte (battue du Soulor, menaces répétées, annonces dans la presse qu’ils allaient utiliser «d’autres méthodes»).
Palouma était une ourse adulte, expérimentée. Les chutes chez les ours, font certes partie des causes de mortalité mais concernent plutôt les jeunes quand ils s’aventurent en terrain difficile ou les vieux qui ne possèdent plus la pleine efficacité de leurs sens et de leurs moyens physiques.  On peut se demander pourquoi et comment Palouma est tombée. Elle était déjà passée plusieurs fois par la pour changer de vallée : sous estimation du danger due à son inadaptation aux Pyrénées, frayeur, intoxication ? On le saura sans doute jamais. (A ce jour, l’expertise toxicologique n’a pas été publiée et les données GPS sur le parcours de Palouma durant les dernières heures de sa vie sont restées secrètes !) 
 
Insultes, rumeurs et mensonges
 
Sur les forums, dans la presse, partout ce ne sont que railleries, dénis de réalités, insultes, rumeurs mensonges ; Plusieurs enjeux, en plus de l’avenir d’une espèce dans notre pays, concernent tous les citoyens dans ce conflit édifiant :
  • la question de la réciprocité entre les éleveurs et le reste du pays, du reste de l’Europe.
  • le climat de violence et la désinformation autour de cette question.
  • l’avenir des Pyrénées et du pastoralisme en pleine dérive, encouragée par une poignée d’excités et de politiciens qui divisent les citoyens en montant ceux des campagnes contre ceux des villes…
Ugatza (P.B.)