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Les bulletins loup N° 26 et 27 viennennt de paraitre : http://nature-biodiversite.forumculture.net/t69-bulletin-loup-oncfs-mars-1998-a-septembre-2012 pourles lire "sans problème" les enregistrer puis les ouvrir sous Adobe reader X


 

 

Il est un oiseau qui passe fréquemment inaperçu dans nos contrées. Et pourtant ! Il s’agit du Guêpier d’Europe dont le nom scientifique est « Merops apiaster ». Cet oiseau est de la famille des Meropidés et de l’ordre des coraciiformes comme les :

-         Alcédinidés - Martin-pêcheur (Alcedo atthis)

-         Méropidés - Guêpier d'Europe (Merops apiaster).

-         Coraciidés - Rollier d'Europe (Coracias garrulus).

-         Upupidés - Huppe fasciée (Upupa epops

 

C’est un migrateur. Dans le sud de la France, au printemps, lorsque la température commence à radoucir, ils commencent à revenir d’Afrique, cette arrivée s’étale de mars à mai. Les retours vers les contrées chaudes, sa migration s’effectue à travers la Méditerranée vers le Sahara ou l’Afrique du sud, se font entre août et fin septembre.

Le guêpier adulte mesure entre 25 et 29 cm, pour une envergure de 36 à 40 cm et un poids de 44 à 78 grammes.

C’est une espèce protégée -  Annexe II de la convention de Berne et annexe II de la convention de Bonn. En France  et en Europe son statut de conservation en expansion et quand même à surveiller. Car malheureusement elle subit quelques préjudices dans certains pays ou l'apiculture est très développée

Sa présence et surtout constatée dans le sud, Provence (La Camargue est une de ses terres de prédilection), le Languedoc, le Vaucluse. Depuis quelques années déjà il colonise la vallée du Rhône, la Drôme, l’Ardèche, l’Isère des colonies ce sont même installées dans la Saône, le Doubs, en Touraine, quelques couples commencent à chanter en Seine et Marne.


Ils nichent le plus souvent en colonies éparses d'une vingtaine de couples. Mais les colonies peuvent êtres plus importantes, et peuvent si toutes les conditions sont réunies atteindre plusieurs centaines de couples. Le choix de l’implantation de cette colonie est principalement lié à la présence d'une densité suffisante d'insectes et à la proximité de terrains meubles formant des falaises qui sont indispensables à l'élaboration du nid (Christof 1990). Bien que certains nids soient réutilisés plusieurs années de suite, la majorité des couples creusent un nouveau terrier chaque année. Ils sont établis le plus souvent dans  les berges, les talus et dans les sablières.

Le terrier, de préférence exposé au sud, est un tunnel d'environ 10 cm de diamètre et 1 à 2 m de longueur, celui est creusé avec le bec et les pattes. La femelle y pondra annuellement, en moyenne 6 œufs blancs qu'elle va couver pendant trois semaines, le mâle participant également à l'incubation. Les oisillons resteront un bon mois à l'intérieur du nid.

 

Pour nourrir leur progéniture, les "chasseurs d'Afrique" capturent les Hyménoptères (guêpes, abeilles, frelons, bourdons) qui constituent leur nourriture de prédilection. Dans le sud de la France, les cigales, libellules, papillons, punaises, ainsi que divers Orthoptères (criquets, sauterelles...), Coléoptères (hannetons...) et Diptères (mouches...) sont aussi souvent au menu des jeunes guêpiers. Ces jeunes restent un à peu près trente jours à l'intérieur du nid, mais dès trois semaines, ils peuvent commencer a s’aventurer aux abords de l’ouverture du terrier pour attendre la becquée.

 

On peut dire que ces oiseaux chassent à l’affut, ils se perchent sur un fil télégraphique, piquets de clôture au bord de la route, à la cime d’un arbre, ou tout endroit qui sera propice à l'observation de leurs proies. AU même titre que les rapaces, ils semblent  posséder une vue exceptionnelle car ils arrivent à apercevoir leurs proies, pourtant minuscules, et attraper les insectes en plein vol. Pour nourrir sa nichée, un Guêpier pourra chasser environ 250 insectes par jour…

Pour reconnaitre un Guêpier, vous remarquerez son front blanc, sa calotte brune, sa bavette jaune encadrée de noir. Le ventre est bleu-vert à bleu turquoise et le dos brun marron à jaune paille;  les ailes bleu-verdâtres à pointes noires ; la queue est vert sombre, il dépasse deux médianes à pointe effilée. Le bec robuste et arqué duquel part une bande noire traversant un œil noir à l'iris rouge. Le bec peu être fortement usé par le percement du tunnel, mais celui-ci se régénère assez vite. Son vol s’effectue, tantôt par des battements d'ailes secs, tantôt en plané, un peu à la manière des hirondelles, avec comme a la manière des pics une trajectoire onduleuse ponctuée de battements d’ailes rapides, suivie d’une longue glissade ailes collées au corps. Son cri caractéristique porte loin : un « prrut » répété, souvent répété, doux et roulé, montant, émis en chœur pendant le vol est très caractéristique.

On peut donc dire que cet oiseau souvent méconnu est l’un des plus beaux de nos contrées du sud de la France. Cette espèce est bien sûr protégée, mais certains travaux hydrauliques comme le reprofilage de berges ont déjà supprimé beaucoup de berges naturelles argileuses propices aux terriers, le nettoyage des talus le long des routes, contribuent a désorganiser son biotope.
Le guêpier est aussi de plus en plus victime du dérangement en période de nidification, il est évident qu'un stationnement trop prolongé à proximité d'une colonie de nidification peut conduire à son abandon
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