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Les bulletins loup N° 26 et 27 viennennt de paraitre : http://nature-biodiversite.forumculture.net/t69-bulletin-loup-oncfs-mars-1998-a-septembre-2012 pourles lire "sans problème" les enregistrer puis les ouvrir sous Adobe reader X

Le Petit Chaperon Rouge
 
 
Jeunes filles méfiez-vous du loup !!
On voit ici que de jeunes enfants,
Surtout de jeunes filles
Belles, bien faites, et gentilles,
Font très mal d’écouter toute sorte de gens,
Et que ce n’est pas chose étrange,
S’il en est tant que le Loup mange.
Je dis le Loup, car tous les Loups
Ne sont pas de la même sorte ;
Il en est d’une humeur accorte,
Sans bruit, sans fiel et sans courroux,
Qui privés, complaisants et doux,
Suivent les jeunes Demoiselles
Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ;
Mais hélas ! qui ne sait que ces Loups doucereux,
De tous les Loups sont les plus dangereux.
 
Ceci étant la morale de l’histoire du Chaperon rouge que Charles Perrault écrivit en 1697. Cette année là, l’église et le pouvoir politique organise une véritable armée pour repousser les loups…
Au moyen âge en effet l’église doutait fort que la femme puisse avoir une âme…Eve n’avait-elle pas créé le loup alors qu’Adam venait de créer le mouton ? Cette duplicité ne perdurait-elle pas à travers les siècles, ne fallait-il donc pas mettre en garde ces jeunes donzelles ?
 
Quelqu'un connait-il l'origine de ce conte d'abord repris par Charles Perrault en France 1697 puis par les frères Grimm en Allemagne ?
J'ai trouvé cela sur un bouquin intitulé le loup de Claude-Marie Vadrot, il s'agit d'un conte oral
Nivernais !!
 
C'était un femme qui avait fait du pain. Elle dit à sa fille :
– Tu vas porter une époigne toute chaude et une bouteille de lait à ta grand. Voilà la petite fille
partie. À la croisée de deux chemins, elle rencontra le bzou (Par superstition on ne nomme pas le loup, il est l'innommable) qui lui dit :
– Où vas-tu ?
– Je porte une époigne toute chaude et une bouteille de lait à ma grand.
– Quel chemin prends-tu ? dit le bzou, celui des aiguilles ou celui des épingles ?
– Celui des aiguilles, dit la petite fille.
– Eh bien ! moi, je prends celui des épingles.
La petite fille s'amusa à ramasser des aiguilles.
Et le bzou arriva chez la Mère grand, la tua, mit de sa viande dans l'arche et une bouteille de sang  sur la bassie.
La petite fille arriva, frappa à la porte.
– Pousse la porte, dit le bzou. Elle est barrée avec une paille mouillée.
– Bonjour, ma grand, je vous apporte une époigne toute chaude et une bouteille de lait.
– Mets-les dans l'arche, mon enfant. Prends de la viande qui est dedans et une bouteille de vin qui est sur la bassie.
Suivant qu'elle mangeait, il y avait une petite chatte qui disait :
– Pue !... Salope !... qui mange la chair, qui boit le sang de sa grand.
– Déshabille-toi, mon enfant, dit le bzou, et viens te coucher vers moi.
– Où faut-il mettre mon tablier ?
– Jette -le au feu, mon enfant, tu n'en as plus besoin.
Et pour tous les habits, le corset, la robe, le cotillon, les chausses, elle lui demandait où les mettre.
Et le loup répondait : "Jette -les au feu, mon enfant, tu n'en as plus besoin."
Quand elle fut couchée, la petite fille dit :
– Oh, ma grand, que vous êtes poilouse !
– C'est pour mieux me réchauffer, mon enfant !
– Oh ! ma grand, ces grands ongles que vous avez !
– C'est pour mieux me gra tter, mon enfant !
– Oh! ma grand, ces grandes épaules que vous avez !
– C'est pour mieux porter mon fagot de bois, mon enfant !
– Oh ! ma grand, ces grandes oreilles que vous avez !
– C'est pour mieux entendre, mon enfant !
– Oh ! ma grand, ces grands tro us de nez que vous avez !
– C'est pour mieux priser mon tabac, mon enfant !
– Oh! ma grand, cette grande bouche que vous avez !
– C'est pour mieux te manger, mon enfant !
– Oh! ma grand, que j'ai faim d'aller dehors !
– Fais au lit mon enfant !
– Au non, ma grand, je veux aller dehors.
– Bon, mais pas pour longtemps.
Le bzou lui attacha un fil de laine au pied et la laissa aller.
Quand la petite fut dehors, elle fixa le bout du fil à un prunier de la cour. Le bzou s'impatientait et disait : "Tu fais donc des cordes ? Tu fais donc des cordes ?"
Quand il se rendit compte que personne ne lui répondait, il se jeta à bas du lit et vit que la petite était sauvée. Il la poursuivit, mais il arriva à sa maison juste au moment où elle entrait.
 
Quel chemin prends-tu ? dit le Bzou, celui des Aiguilles ou celui des Épingles ?"
 
Savez-vous ce que représentait les épingles ou les aiguilles au moyen-âge ?
C'était les symboles du passage de l’adolescence à la maturité féminine, ces instruments piquants et perforants étaient réservés aux filles en âge de se marier et de procréer. C’est en offrant une douzaine d’épingles à leurs promises que les garçons faisaient leur cour et c’est en lançant des épingles dans une fontaine que les filles se promettaient à leurs amoureux.
 
Dans cette version Nivernaise, le petit Chaperon rouge choisit donc "le chemin des épingles avec lesquelles on peut s’attifer" au lieu du "chemin des aiguilles avec lesquelles il faut travailler".
 
L'Ethnologue et sociologue française, Yvonne Verdier nous précise aussi que :
 
Loin d'êtres "absurdes" ces détails constituent un langage, un langage couturier de l'épingle et de l'aiguille qui peut se comprendre quand on le replace dans le contexte ethnographique de la société paysanne de la fin du XIXe siècle d'où nous viennent ces versions. Les ustensiles de couture y jouaient en effet un rôle important dans l'éducation des filles, cela nous est apparu au cours de l'étude d'un petit village du Châtillonnais. Dans ces villages, les filles étaient envoyées un hiver, celui de leurs quinze ans, auprès de la couturière. Il ne s'agissait pas tant d'apprendre à "travailler", à coudre, autrement dit d'utiliser les aiguilles, que surtout de se "dégrossir", de s'affiner, d'apprendre à se parer, à s'attifer donc, ce que la couturière exprimait en disant de ses jeunes apprenties : "Elles ramassaient les épingles". En cet hiver de leurs quinze ans, se signifiait, et par l'entrée chez la couturière, et par l'entrée cérémonielle dans le groupe d'âge consacré à Sainte-Catherine, l'accession à la vie de "jeune fille", c'est-à-dire la permission d'aller danser, d'avoir des amoureux, dont il apparaît que l'épingle est le symbole.
 
Certaines versions, la plupart d’origine orales, font intervenir un épisode absent des versions
littéraires retranscrites par Perrault ou par les frères Grimm. Il s’agit du repas cannibalesque au cours duquel le petit Chaperon rouge dévore les restes de sa grand-mère, conservés par le loup dans une "bassie". Un animal la met en garde : " Suivant qu’elle mangeait, il y avait une petite chatte qui disait :"Pue ! Salope ! Qui mange la chair, qui boit le sang de sa grand"" (conte nivernais)
En absorbant les organes génitaux et sexuels de sa (grand) mère, le petit Chaperon rouge devient une femme et acquiert à son tour le pouvoir de procréer. En faisant disparaître ce repas de leur transcription, les frères Grimm, tout comme Charles Perrault, édulcorent le message du vieux conte populaire en se contentant d’avertir l’enfant des risques qu’elle prend en s’éloignant du droit chemin.
 
A cette époque, le loup, passe pour un carnassier boulimique, qui « mange le monde », pratiquant aussi bien l'endocannibalisme que l'anthropophagie (l'un et l'autre en même temps pour les loupsgarous).
C'est aussi un incorrigible incontinent, incapable de contrôler ses sphincters, animé en outre
d'une « sexualité dévorante ». Cette partie du dialogue nous le prouve, la petite fille devrait faire
comme lui :
Oh! ma grand, que j'ai faim d'aller dehors !
– Fais au lit mon enfant !
– Au non, ma grand, je veux aller dehors.
– Bon, mais pas pour longtemps.
 
C’est le loup, créature diabolique qui par tromperie fait manger la grand-mère a la petite fille… Elle se retrouve donc comme les enfants qui sont par définitions d’innocentes victimes, dévorés par les loups, dont on retrouve la trace dans les registres paroissiaux, la victime du diable, du démon qui l’entraine, à sa suite pour faire des actions impures.
 
Pour Marc Soriano, Normalien, agrégé de philosophie, romancier et psychanalyste, pro fesseur de littérature populaire et pour la jeunesse à Bordeaux III et professeur émérite à Paris VII, spécialiste de Charles Perrault ce conte est "une des réussites les plus paradoxales de notre
littérature", car il n’en finit pas de nous interroger et de résonner dans l’imaginaire collectif, avec sa structure simple et binaire, l’utilisation de formules répétitives – "tire la chevillette et la
bobinette cherra" – et d’expressions pittoresques, reflets d’un passé qui l’était déjà lorsque Perrault l’a transposé. La vogue ne s’est pas éteinte comme le montrent les multiples variantes contemporaines modernisées, du Petit Chaperon bleu marine de Dumas et Moissard au Petit Chaperon vert de Solotareff en passant par les versions de Fmurr ou de Claverie, dans laquelle la mère est marchande de pizza et le loup gérant d’une casse automobile.
 
Voici la version auvergnate de ce conte oral, on y retrouve le chemin des aiguilles et des épingles ainsi que l’acte de cannibalisme :
 
Une petite fille était affermée dans une maison pour garder deux vaches. Quand elle eut fini son temps, elle s'en est allée. Son maître lui donna un petit fromage et une pompette de pain.
– Tiens ma petite, porte çà à ta mère. Ce fromage et cette pompette y aura pour ton souper quand tu arriveras vers ta mère.
La petite prend le fromage et la pompette. Elle passa dans le bois, rencontra le loup qui lui dit : Où vas-tu ma petite ?
– Je m'en vais vers ma mère. Moi j'ai fini mon gage.
– T'ont payé ?
– Oui, m'ont payé, m'ont donné encore une petite pompette, m'ont donné un fromage.
– De quel côté passes-tu pour t'en aller ?
– Je passe du côté de les épingles, et vous, de quel côté passez vous ?
– Je passe du côté de les aiguilles.
Le loup se mit à courir, le premier, alla tuer la mère et la mangea, il en mangea la moitié, il mit le feu bien allumé, et mit cuire l'autre moitié et ferma bien la porte. Il s'alla coucher dans le lit de la mère.
La petite arriva. Elle piqua la porte : Ah ! ma mère, ouvrez -moi.
– Je suis malade ma petite. Je me suis couchée. Je peux pas me lever pour t'aller ouvrir. Vire la tricolète. Quand la petite virait la tricolète, ouvrit la porte entra dans la maison, le loup était dans le lit de sa mère.
– Vous êtes malade, ma mère ?
– Oui je suis bien malade. Et tu es venue de Nostera.
– Oui, je suis venue. Ils m'ont donné une pompette et un fromageau.
– Ca va bien ma petite, donne m'en un petit morceau. Le loup prit le morceau et le mangea, et dit à la fille, il y a de la viande sur le feu et du vin sur la table, quand tu auras mangé et bu, tu te viendras coucher.
Le sang de sa mère, le loup l'avait mis dans une bouteille, et il avait mis un verre à côté à demi plein de sang. Il lui dit : Mange de la viande, il y en a dans l'oulle ; il y a du vin sur la table, tu en boiras.
Il y avait un petit oiseau sur la fenêtre du temps que la petite mangeait sa mère qui disait :
– Ri tin tin tin tin. Tu manges la viande de ta mère et tu lui bois le sang. Et la petite dit :
– Que dit-il maman, cet oiseau ?
– Il dit rien, mange toujours, il a bien le temps de chanter.
Et quand elle eut mangé et bu le loup dit à la petite : Viens te coucher ma petite. Viens te coucher. Tu as assez mangé ma petite, à présent et bien viens te coucher à ras moi. J'ai froid aux pieds tu me réchaufferas.
– Je vais me coucher maman.
Elle se déshabille et va se coucher à ras sa mère, en lui disant :
– Ah ! maman, que tu es bourrue !
– C'est de vieillesse, mon enfant, c'est de vieillesse.
La petite lui touche ses pattes : Ah ! maman que vos ongles sont devenus longs.
– C'est de vieillesse, c'est de vieillesse.
– Ah ! maman, que vos dents sont devenues longues. C'est de vieillesse, c'est de vieillesse. Mes dents sont pour te manger, et il la mangea.
 
Dans ce conte est introduit la symbolique de l’oiseau « Il y avait un petit oiseau sur la fenêtre du temps que… » Marie-Hélène Tesnière auteur du livre : Bestiaire médiéval enluminure, nous précise ce que représentait l’oiseau.
 
Par la légèreté de son vol entre ciel et terre, par la beauté de son plumage, par la douceur de son chant, l'oiseau est marqué d'une forte charge symbolique dans notre Moyen Âge occidental, comme d'ailleurs dans de nombreuses cultures. C'est une symbolique ancienne, particulièrement difficile à représenter. Dès le haut Moyen Âge, des paons ou des aigles au plumage doré décorent les bibles carolingiennes. Ce sont des oiseaux de Vie. Selon la légende, l'aigle, parce qu'il peut regarder le soleil en face, aspire à la lumière du Créateur. Quant aux multiples yeux dessinés sur la queue des paons, ils ressemblent à ceux décrits par Ézéchiel afin de représenter l'omniscience.
 
Maintenant je vous propose le conte Tourangeau, avec une certaine variante ici le loup est absent, il est remplacé par « un homme bien laid »
 
Une fois il y avait une fillette en condition dans la campagne qui entendit parler que sa grand-mère était malade ; elle se mit en chemin le lendemain, pour l'aller voir ; mais quand elle fut bien loin, à une croisée de chemins, elle ne savait pas lequel prendre. Elle y rencontra un homme bien laid, conduisant une truie, et à qui elle demanda son chemin, lui disant qu'elle allait voir sa grand-mère malade. Il faut aller à gauche, lui dit-il, c'est le meilleur et le plus court chemin, et vous serez vite
rendue. La fillette y alla ; mais le chemin était le plus long et le plus mauvais, elle mit longtemps pour arriver chez sa grand-mère, et c'est avec beaucoup de peine qu'elle s'y rendit très tard.
Pendant que la petite Jeannette était engagée dans les patouilles du mauvais chemin, le vilain
homme, qui venait de la renseigner mal, s'en alla à droite par le bon et court chemin, puis il arriva chez la grand-mère longtemps avant elle. Il tua la pauvre femme et il déposa son sang dans la mette
(huche) et se mit au lit.
Quand la petite arriva chez sa grand-mère, elle frappa à la porte, ouvrit, entra et dit : Comment allezvous, ma grand-mère ?
– Pas mieux, ma fille, répondit le vaurien d'un air plaintif, et contrefaisant sa voix : As-tu faim ?
– Oui, ma grand-mère, qu'y a-t-il à manger ?
– Il y a du sang dans la mette, prends la poêle et le fricasse, tu le mangeras. La petite obéit.
Pendant qu'elle fricassait le sang, elle entendait du haut de la cheminée des voix comme des voix d'anges qui disaient : Ah ! la maudite petite fille qui fricasse le sang de sa grand-mère !
– Qu'est-ce qui disent donc, ma grand-mère, ces voix qui chantent par la cheminée ?
– Ne les écoute pas, ma fille, ce sont des petits oiseaux qui chantent leur langage; et la petite
continuait toujours à fricasser le sang de sa grand-mère, Mais les voix recommencèrent encore à chanter : Ah ! la vilaine petite coquine qui fricasse le sang de sa grand-mère ! Jeannette dit alors. Je n'ai pas faim, ma grand-mère, je ne veux pas manger de ce sang-là. Hé bien ! viens au lit, ma fille, viens au lit. Jeannette s'en alla au lit à côté de lui.
Quand elle y fut, elle s'écria : Ah ! ma grand-mère, que vous avez de grands bras ?
– C'est pour mieux t'embrasser, ma fille, c'est pour mieux t'embrasser.
– Ah ! ma grand-mère que vous avez de grandes jambes ?
– C'est pour mieux marcher, ma fille, c'est pour mieux marcher.
– Ah ! ma grand-mère, que vous avez de grands yeux ?
– C'est pour mieux te voir, ma fille, c'est pour mieux te voir.
– Ah ! ma grand-mère, que vous avez de grandes dents ?
– C'est pour mieux manger ma fille, c'est pour mieux manger.
Jeannette prit peur et dit : Ah ! ma grand-mère, que j'ai grand envie de faire ?
– Fais au lit, ma fille, fais au lit.
– C'est bien sale, ma grand-mère, si vous avez peur que je m'en aille, attachez-moi un brin de laine à la jambe, quand vous serez ennuyée que je sois dehors, vous le tirerez et vous verrez que j'y suis, ça vous rassurera.
– Tu as raison, ma fille, tu as raison.
– Et le monstre attache un brin de laine à la jambe de Jeannette, puis il garda le bout dans sa main.
Quand la jeune fille fut dehors, elle rompit le brin de laine et s'en alla. Un moment après la fausse grand-mère dit : As-tu fait, Jeannette, as-tu fait ? Et les mêmes voix des petits anges répondirent
encore du haut de la cheminée : Pas encore, ma grand-mère, pas encore ! Mais quand il y eut
longtemps ils dirent : c'est fini. Le monstre tira le brin de laine, mais il n'y avait plus rien au bout.
Ce mauvais diable se leva tout en colère et monta sur sa grande truie qu'il avait mise au tet (toit) et il courut après la jeune fille pour la rattraper ; il arriva à une rivière où des laveuses lavaient la buie (buée). Il leur dit :
Avez-vous vu passer fillon fillette,
Avec un chien barbette (barbet)
Qui la suivette (suivait).
– Oui, répondirent les laveuses, nous avons étendu un drap sur l'eau de la rivière et elle a passé dessus.
– Ah ! dit le méchant, étendez-en donc un que je passe.
Les laveuses tendirent un drap sur l'eau et le diable s'y engagea avec sa truie qui enfonça aussitôt, et il s'écria : Lape, lape, lape, ma grande truie, si tu ne lapes pas tout, nous nous noierons tous deux.
Mais la truie n'a pas pu tout laper, et le diable s'est noyé avec sa truie, et fillon fillette fut sauvée.
 
Pas de symbolique des aiguilles et des épingles, mais le chemin de l’enfer n’est-il pas pavé de bonnes intentions et n’apparaît-il comme une route dépourvue d’ornières et de boue avant que l’on ne s’y engage ?
La symbolique de l’oiseau (ange) est maintenue et l’on rajoute la truie, le porc symbolise parfois la gloutonnerie et la saleté ; les pieds fourchus du porc le mettraient en relation avec la représentation imagée du diable dans les dessins à partir du Moyen Âge. Le porc a toujours tenu une place à part dans la société traditionnelle européenne. Il est instrument de purification associé à la terre et à la féminité dans un monde viril. Ceci expliquerait en partie pourquoi les religions qui ont rabaissé la femme au rang d'être inférieur lui opposent de solides préjugés. Toutefois, en dépit ou à cause de cette riche mémoire, se dessinent à cette époque la symbolique d'un porc ambigu, véritable caricature de lui-même et masque de fausses vérités, d’où cette association.
On peut donc se rendre compte que depuis le moyen âge et même avant, sa diabolisation par le fait de l’Eglise c’est largement diffusé dans l’imaginaire collectif et ensuite la littérature comme en est l’exemple du Petit Chaperon rouge…