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Ugatza
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MessageSujet: Re: Les Lakotas rompent avec les USA   Sam 5 Jan - 19:57

Bref, tout est dans tout et réciproquement. Very Happy

Ici comme ailleurs, on se fait "cartonner" dès lors qu'on adopte une attitude méprisante ou provocante.
Tu as clairement provoqué et pas parce que tu as donné une opinion différente, mais parce que tu as utilisé les mots "agacé", "vain", "tu n'es pas en classe", chauvin, folklore, gauchiste, etc...
C'est pas une question de grammaire ou de pinaillage sur les mots.

Tu as accusé, puis fui tes responsabilités.

Tu nous(?) as accusé de parler "à la place" des Lakotas et indiqué par là que nous ne pouvions pas parler de ce sujet ce qui est une bien curieuse façon:

1) de concevoir la liberté d'expression et d'information.

2) de ne pas, comme tu dis si pudiquement, "s'identifier à l'un plutôt qu'à l'autre".

Il s'agit donc de bien autre chose que de donner une opinion différente.

C'est vrai qu'il faut parler de Lou-chichaî, mais pas pour se cacher derrière elle et faire comme si nous étions d'affreux intolérants avec tout le monde.
Oui, nous avons un gros contentieux avec elle.
Je suis étonné que tu t'en étonnes, ne serait-ce que parce les plus pacifiques d'entre nous ont été les plus virulents avec elle.

C'est quand même un signe. geek

Et aussi parce que tu es inscrit sur La Meute depuis plus longtemps que nous tous qui l'y avons côtoyée.
Elle est régulièrement méprisante et hautaine contre différentes catégories (je me souviens en particulier d'un sujet sur les éleveurs fainéants et leurs bergeries à restaurer.
Elle ramène toujours les sujets à la contemplation de sa propre personne et de ce qu'elle dit qu'elle fait, ou à une opposition "viscérale" (aux sens propre et figuré) à la chasse et nous abreuve de sang avec des photos de cadavres d'animaux abattus (ce qui indique une grande familiarité avec les chasseurs, au passage Wink )...

Les autres l'ont bien exprimé, à leur façon. Very Happy

Elle se pose souvent en donneuse de leçons et il suffit que quelqu'un dise quelque chose pour qu'aussitôt elle surenchérisse pour nous faire savoir qu'elle a fait mieux. Rolling Eyes

Exemple typique: le sujet "Le Renard et l'Enfant" où elle a fait feu de tous bois contre le film pour finalement poster une photo d'elle et de son inévitable chien (ça faisait trop longtemps qu'on ne l'avait pas vu!) , évoquant "irrésistiblement" ( rire ) le couple enfant et renard du film et de son affiche "étiquette de camembert".

Chacun d'entre nous réagit selon son tempérament.

Moi, cela "m'agace" de la voir pérorer sur la langue basque à laquelle elle ne connait que le folklore et le Ramuntxo des ... boutiques de souvenirs.
Je comprends bien que tu sois solidaire d'elle toi qui as écrit que cette action des Lakotas relevait du folklore, tout en allant rencontrer les Amérindiens dans les boutiques "d'artisanat authentique". scratch


Et ceci nous ramène au sujet:

Jacques a écrit:
Quand je raconte mon histoire de visite d'un quartier indien, c'est pour expliquer ma surprise de les voir commercer avec le touriste (quoique ce n'était pas un quartier touristique, loin s'en faut) car j'étais sans doute influencé par l'idée que je me faisais (à tort) du "peuple indien". En fait, ce sont seulement des gens comme toi et moi qui font ce qu'ils peuvent pour s'en sortir. On est loin des idéologies (sauf celle des conflits "riches-pauvres" qui sont universels) et c'est ce que j'ai appris avec ces voyages ou avec d'autres et sur ce sujet.

Et alors?
Non, ils ne sont pas tout à fait des gens comme toi et moi.
D'ailleurs je me demande comment tu peux écrire cela, alors que tu refuses l'idée qu'on puisse être solidaire d'eux.
La "petite" différence entre eux et moi, c'est leur Histoire.
On ne peut pas la nier en faisant comme si nous étions "pareils".
Moi, je n'ai jamais mis les pieds en Amérique, mais je suis assez intéressé par le sujet pour savoir d'une part quelles sont leurs conditions d'existence réelles et actuelles mais aussi pour savoir comment (et pourquoi) ils en sont arrivés là.

Jacques a écrit:
Qui est qualifié pour parler du problème indien ? Eux d'abord. Nous, on peut toujours dire ce que l'on veut. Sur internet ou en balançant des signaux de fumée.. Laughing . Bien sûr, je connais (un peu) leur histoire. Comme tout le monde. et je ne suis pas en désaccord avec ce qui a été dit sur le génocide qu'ils ont subi. Mais aujourd'hui ? S'ils ont envie de s'américaniser davantage en bossant dans les casinos, ils le feront. S'ils ont envie de rester en marge de la société américaine (quoi qu'on en pense par ailleurs) ils le feront aussi : c'est la voie que certains ont choisi. Pourquoi apporter notre "solidarité" aux seconds plutôt qu'aux premiers ? Sinon par une sorte de parti-pris théorique ?

Quel mépris!
Moi, je suis en accord complet "avec ce qui a été dit dit sur le génocide qu'ils ont subi".
Pour une raison bien simple: c'est la vérité.
Et non seulement sur le génocide, mais sur la spoliation, l'enfermement, la dépression, la déchéance et la perversion de leur culture.

Ce que vous dîtes toi et surtout Lou sur les casinos me dégoûte au dernier degré.

" S'ils ont envie de s'américaniser davantage en bossant dans les casinos, ils le feront. S'ils ont envie de rester en marge de la société américaine (quoi qu'on en pense par ailleurs) ils le feront aussi : c'est la voie que certains ont choisi."...
Oui, bien sûr. Twisted Evil
Envie, choisir.
Tu parles.
A leur place.
Et s'ils ont envie d'une autre alternative, plus digne que celle là, ce sont des... chauvins.
Tu m'écoeures.
Te rends-tu compte de la violence de ce que tu dis?
Quant au parti pris théorique, je ne sais pas où tu le vois, ni d'ailleurs où tu peux trouver l'origine d'un parti pris ailleurs que dans les faits.
Il s'agit oui, de prendre parti pour des gens qui sont "comme toi et moi".
Quand je pense aux victimes d'une telle injustice, je ne peux pas m'identifier en même temps à ses auteurs.
C'est une question humaine.
Dire que le bourreau est "comme" la victime est une attitude idéologique, quasi-religieuse qui ne correspond pas à la réalité.





Pour le reste:
Jacques a écrit:
Les instituteurs ? J'en connais beaucoup et je les aime bien. Il y en a dans ma famille. Ils ont un grand mérite car le boulot qu'ils font n'est pas simple dans cette société où tout leur retombe dessus. Ils ont parfois un défaut (professionnel !) c'est de vouloir toujours avoir raison. C'est normal avec des gamins à qui il faut apprendre, de gré ou de force, la table des neuf. C'est moins normal de parler de la même manière à des adultes

Tu les aimes bien?
Moi non plus comme a dit Gainsbourg.
La preuve: ils ont un défaut, celui de vouloir toujours avoir raison...

Quand tu écris "de gré ou de force", tu dis que l'éducation c'est du dressage et du forçage.

Tu ne m'étonnes plus quand tu dis qu' identité, Histoire et culture, c'est du folklore. Sad
Je ne sais pas si nous sommes du "même côté de la barricade", mais j'en doute de plus en plus.
En tous cas, une chose est sûre : nous n'avons pas les mêmes valeurs.
Et ça je le pense personnellement-profondément-authentiquement.
C'est pas un slogan gauchiste.
C'est bien moi qui te le dis.

Tu as une démarche paradoxale: tu dis souhaiter la discussion, mais tu la refuses en pensant pouvoir imposer à autrui une manière "de bon ton" de s'exprimer.
Ce que je dis, je le dis comme je le pense et inversement.
Tu n'as toujours pas dit où il y avait des slogans.
Pire: tu as prétendu que que j'avais employé des mots comme "impérialisme".
Alors que je sais parfaitement que je n'ai jamais employé ce mot.

Tu es un "bien-pensant", plein de certitudes et de préjugés qui croit avoir du flair (et que cela SUFFIT) qui pense qu'un forum DOIT être comme ceci ou comme cela.
Ce qu'un forum doit être est défini par ses règles et rien que ses règles: sinon c'est la porte ouverte à l'arbitraire, fût-il "bien pensant" et assis sur ses certitudes comme toi.

Ici on fait comme ça et c'est pourquoi on supporte Lou ou d'autres qui se se seraient fait virer ailleurs.
Ici aussi, jamais un sujet n'a été fermé parce que s'y exprimaient des opinions qui dérangeaient un administrateur ou un modérateur.
_________________
A quoi ça sert un ours?
Et toi, à quoi sers-tu? Tu existes, c'est tout et c'est déjà prodigieux.
Et bien, c'est la même chose pour l'ours. C'est un être vivant, cela suffit.
Claude Dendaletche
http://www.eco-citoyen.org/Forum/
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Jacques




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MessageSujet: Re: Les Lakotas rompent avec les USA   Sam 5 Jan - 20:59

A part quelques noms d'oiseaux inutiles dont tu m'affubles (bien pensant etc..) tu ne dis rien de bien nouveau.. Tu m'engeules parce que je ne pense pas comme toi, c'est tout... Donc, ce n'est pas très grave.. Laughing
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Ugatza
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MessageSujet: Re: Les Lakotas rompent avec les USA   Dim 6 Jan - 19:28

On a raillé ici l'engouement de certains écologistes pour la philosophie et la spiritualité des Amérindiens.
Notamment à cause d'un texte, souvent utilisé par eux, c'est vrai, traduit (et probablement détourné-arrangé, mais c'est pas absolument sûr) intitulé "Discours du chef Seattle".

Il a même été (un peu vite) reproché que parler des Amérindiens, c'était parler à leur place.
Alors je ne résiste pas au plaisir de leur donner la parole presque directement.
Voici un extrait d'un témoignage DIRECT d'un vrai Lakota, ayant connu les joies de la société de consommation et la vie dans la réserve de Pine Ridge.
Savourerez-vous comme moi?
Je trouve ce témoignage très intéressant.
Et je trouve aussi que la convergence avec la plupart des idées de l'écologie (ou des expériences sensibles de la nature, en tous cas des miennes Very Happy ) n'est pas, là, un artifice.
On y retrouve en grande partie le contenu du discours du Chef Seattle, sans que la traduction puisse être mise en cause (Tahca Ushte était anglophone).

Citation:
PARLER AUX HIBOUX ET AUX PAPILLONS

Asseyons-nous ici, nous tous, au milieu de l'immense prairie, d'où nous ne pouvons voir ni une autoroute ni un grillage. N'ayons pas de couvertures pour nous asseoir, mais sentons le sol sous nos corps, la molle résistance de la terre, la présence des arbustes autour de nous. Prenons l'herbe pour matelas, éprouvons sa dureté et sa douceur. Devenons pareils aux pierres, aux plantes et aux arbres. Soyons des animaux, pensons et sentons comme des animaux.

Ecoutez l'air.
Vous pouvez l'entendre, en éprouver le contact, vous pouvez sentir l'air, vous pouvez le goûter. Woniya wakan, l'air sacré, qui de son souffle revivifie la création. Woniya, woniya wakan - l'esprit, la vie, le souffle de vie, le renouveau, l'air signifie tout cela.
Woniya - nous sommes assis ensemble, sans nous toucher, et quelque chose est ici, quelque chose que nous sentons parmi nous, une présence. Une bonne manière de se mettre à penser à la nature, c'est d'en parler. Ou bien plutôt, de lui parler, de parler aux rivières, aux lacs, aux vents, tout comme nous nous parlons. Vous, les Blancs, votre présence nous rend difficile la véritable approche de la nature qui consiste à devenir partie d'elle.

Même ici nous sommes conscients de l'existence, quelque part dans les collines, de la réalité de missiles et de stations de radar. Les hommes blancs choisissent toujours les lieux beaux, grandioses, les rares sites encore vierges, pour installer ces abominations. Vous avez violenté ces terres, déclarant sans cesse : « A moi ! Sortez de là ! » Sans rendre jamais rien.

Vous vous êtes emparés de quatre-vingt mille hectares de notre réserve de Pine Ridge pour en faire un champ de tir. Cette terre est si belle, si étrange que certains d'entre vous se sont mis en tête d'en faire un parc national. Ce que vous avez fait de ce territoire jusqu'à maintenant, ça été de le changer en poudrière.

Vous n'avez pas seulement saccagé la terre, les rochers, les ressources minérales, vous dites que c'en est fini de tout ça, alors qu'ils sont parfaitement vivants. De votre fait, même les animaux, partie de nous-mêmes, partie du Grand Esprit, ne sont plus les mêmes. Ils ont été altérés d'une façon si horrible que personne ne peut plus les reconnaître. Il y a dans le bison un pouvoir magique, un pouvoir spirituel - mais il n'y a rien de tel dans le bétail des races Angus ou Hereford.
Il y a un certain pouvoir dans l'antilope, mais pas dans un bouc ou une chèvre qui n'offrent aucune résistance quand on les met en pièces, et qui viennent casser la croûte avec votre journal si vous les laissez faire. Il y a un pouvoir considérable dans le loup, et même dans le coyote. Mais vous avez fait du loup un avorton, un pékinois, un toutou d'appartement. Avec le chat vous êtes désemparés, parce qu'il est comme l'Indien, immuable. Alors vous le mettez dans l'impossibilité de se défendre, vous modifiez sa nature, vous lui ôtez les griffes, et jusqu'aux cordes vocales, pour pouvoir faire sur lui vos expériences de laboratoire sans être dérangés par ses cris.

La perdrix, le coq de bruyère, la caille, le faisan, vous les avez changés en volaille, en créatures qui ne peuvent pas s'envoler, qui portent des lunettes de soleil pour ne pas s'arracher les yeux les unes aux autres, des « volatiles » hiérarchisés, bien éduqués. Il existe des fermes où l'on élève les poulets à cause du blanc de poulet. On garde ces oiseaux dans des poulaillers si bas de plafond qu'ils vivent ratatinés sur eux-mêmes. C'est pour qu'ils se développent les muscles de la poitrine. On diffuse de la musique apaisante dans ces poulaillers. Qu'un bruit perçant s'élève et les bêtes s'affolent, se tuent en heurtant le grillage. Condamnées à passer leur vie recroquevillées, ces volailles sont transformées en aliénées, folles, des non-oiseaux.

Et les humains à leur tour deviennent peu à peu des êtres contre-nature, déshumanisés.

C'est là que vous êtes les dindons de la farce. Vous n'avez pas seulement défiguré et châtré nos cousins qui ont des ailes et nos cousins à quatre pattes ; vous vous en faites tout autant.

Vous avez transformé les hommes en pédégés, en employés de bureau, en pauvres diables qui pointent à heure fixe. Vous avez transformé les femmes en ménagères, autrement dit en mégères vraiment abominables. J'ai été invité une fois chez l'une d'elles. « Fais attention à ta cendre. Arrête-toi de fumer. Tu taches les rideaux. Gare au bocal du poisson rouge. N'appuie pas ta tête sur le papier peint, tu as les cheveux gras. Ne renverse pas d'alcool sur cette table, elle a coûté cher. Tu aurais dû t'essuyer les pieds sur le paillasson, je viens juste de cirer le parquet. Ne souffle pas sur la perruche. Gare... Fais attention... » C'est de la folie douce. Nous ne sommes pas faits pour endurer ça. Vous vivez dans des prisons que vous avez construites vous-mêmes, que vous appelez le chez-soi, le bureau, l'usine.
A la réserve, nous avons une nouvelle plaisanterie : « Qu'est-ce que la frustration culturelle? C'est d'être un grand dadais blanc de la bonne bourgeoisie vivant dans une maison de banlieue résidentielle avec la télé en couleur. »
Quelquefois je me dis que nos pitoyables cabanes en carton goudronné valent mieux que vos maisons de luxe. Faire cent pas jusqu'à l'appentis par une claire nuit d'hiver, dans la boue ou la neige, c'est de façon bien modeste être encore en contact avec la nature. Ou bien l'été, dans nos coins perdus, laisser ouverte la porte des cabinets, et prendre son temps, écouter bourdonner les insectes, avec le soleil qui filtre à travers les minces planches du plafond et vous réchauffe - c'est encore un plaisir que vous n'avez même plus.
Les Américains vivent dans l'obsession du sanitaire. Pas d'odeurs ! Même pas les bonnes odeurs naturelles de l'homme et de la femme. Supprimez l'odeur des aisselles, la senteur de la peau ! Frictionnez-vous, puis avec un petit tampon ou un vaporisateur, imprégnez-vous d'un parfum. Des trucs bien chérots, dix dollars la pièce, comme ça, vous serez rassurés, pour sentir bon, ça sentira bon. Le produit pour la mauvaise haleine. Celui pour l'intimité féminine. Je les vois défiler tous à la télé. Bientôt vous produirez une race d'hommes avec des corps sans ouvertures !
Je crois que les Blancs ont tellement peur du monde qu'ils ont créé qu'ils ne veulent pas le voir, pas l'éprouver dans leurs sens, pas en connaître l'odeur, ni en entendre parler. La pluie ou la neige sur le visage, le vent glacial qui cingle, puis la fumée d'un bon feu pour se réchauffer, ou sortir d'un bain de vapeur pour plonger dans un cours d'eau glacé - voilà qui fait se sentir vraiment vivant, mais de cela, vous ne voulez plus. Se calfeutrer dans des boîtes qui abolissent la chaleur de l'été et la dure bise de l'hiver, s'enfermer dans un corps désodorisé, écouter la reproduction haute-fidélité au lieu des bruits de la nature, regarder un acteur de télé dans son numéro à sensations alors que vous-même n'en éprouvez plus, manger une nourriture sans goût - c'est votre façon de vivre.
Elle ne vaut rien.
La nourriture que vous absorbez, vous la traitez comme vous traitez vos corps, vous en retirez ce qui est naturel, le goût, l'odeur, la qualité fruste, puis vous y introduisez une couleur et une saveur artificielles. Le foie cru, le rognon cru, c'est ce que nous, les êtres à sang chaud, les types des anciens temps, nous aimons nous mettre sous la dent. Autrefois, nous avions l'habitude de manger les entrailles du bison, on faisait un match à deux, chacun se saisissant d'une extrémité des intestins, à qui atteindrait le milieu le premier. Ça, c'était manger. Ces tripes de bison pleines d'herbes de toutes sortes en fermentation, à moitié digérées - ça vous dispensait de comprimés et de vitamines. Pour donner de la saveur, au lieu de sucre et de sel raffinés, rien de mieux que la bile des animaux, son amertume fait merveille. Un bon pâté de viande, -de rognon et de baies, un wasna - une portion de ce délectable wasna vous donnait des forces pour la journée. Ça c'était une nourriture vraiment nutritive, du solide. Pas ce qu'on nous donne aujourd'hui : lait en poudre, ceufs déshydratés, beurre pasteurisé, poulets où il n'y a plus que le blanc et les os comme des allumettes. Le volatile est mort dans un poulet comme ça.
Vous ne voulez plus du volatile. Vous n'avez pas le cran de tuer honnêtement - de trancher la tête du poulet, de le plumer et de le vider. Ça, c'est fini. Vous ne voulez pas avoir mauvaise conscience. Alors vous ramenez le poulet dans un sac de plastique impeccable, bien découpé, prêt à être servi, sans saveur. Vos manteaux de vison ou de loutre, vous voulez ignorer le sang et le mal qu'il a fallu pour les faire. Votre idée de la guerre - se tenir assis dans un avion, bien au-dessus des nuages, ne jamais regarder au-dessous des nuages - c'est toujours la non-culpabilité, la désensibilisation, le style de vie aseptisé, hygiénique.

Quand nous tuions un bison, nous savions ce que nous faisions. Nous nous excusions auprès de son esprit, nous essayions de lui faire comprendre pourquoi nous agissions ainsi, nous honorions d'une prière les os de ceux qui donnaient leur chair pour nous garder en vie, une prière pour leur retour à la vie, pour la vie de nos frères de la nation bison, autant que pour notre propre peuple.

Vous ne vouliez pas comprendre ces choses, c'est pourquoi nous avons eu le massacre de Washita, le massacre de Sand Creek, les femmes et les bébés tués à Wounded Knee.
C'est pourquoi nous avons Song My et My Lai.


Pour nous, la vie, toute vie, est sacrée. L'Etat du Sud Dakota organise la lutte contre les animaux nuisibles. Ils montent en avion et de leur avion tirent sur les coyotes. Ils dénombrent les victimes, en tiennent le compte dans leurs petits calepins. Les éleveurs les paient. Les coyotes vivent surtout de rongeurs, de mulots. A peine s'ils s'attaquent de temps à autre à un agneau égaré. Ils jouent au naturel le rôle de nos éboueurs, nous débarrassant de ce qui pourrit, de ce qui pue. Ils font même de bons animaux domestiques si on leur donne leur chance. Mais comme leur existence risque de faire perdre quelques centimes à un quidam, alors on les tue d'avion.
Ils étaient ici avant les moutons, mais ils sont gênants.
Il n'y a pas de bénéfices à tirer d'eux.
Alors on tue de plus en plus d'animaux, les animaux que le Grand Esprit a créés - mais qu'importe, ils doivent disparaître. Par la grâce des hommes, un sursis leur est parfois accordé - jusqu'à ce qu'on les mène à bord des bateaux, avec l'abattoir au bout.

C'est l'effroyable arrogance de l'homme blanc, qui se place sans vergogne au-dessus de Dieu, au-dessus de la nature, tranchant d'autorité : « Je laisse vivre cet animal-là, parce qu'il me rapporte ; l'espace qu'il occupe doit être mieux utilisé. Le seul bon coyote est le coyote mort. » Ils traitent les coyotes presque aussi mal qu'ils traitaient les Indiens.

Hommes blancs, vous répandez la mort, vous achetez et vendez la mort.

Avec vos déodorants, vous sentez la mort, mais vous avez peur de sa réalité. Vous n'osez pas la regarder en face. Vous avez rendu la mort hygiénique, vous l'avez cachée sous le tapis, vous lui avez dérobé son honneur. Nous, Indiens, méditons beaucoup sur la mort. C'est mon cas. Ce serait aujourd'hui un jour par¬fait pour mourir - pas trop chaud ni trop froid. Un jour à laisser quelque chose de soi, une trace qui s'attarde un peu. Un jour pour un homme qui a de la chance, heureux, avec beaucoup d'amis. Un jour faste, pour parvenir au bout de son sentier. Il y a des jours moins propices. Il y a des hommes égoïstes et solitaires qui ont bien du mal à quitter cette terre. Mais je suppose que pour les Blancs n'importe quel jour est néfaste.

Il y a quatre-vingts ans, les nôtres dansaient la Danse du Fantôme ; ils dansaient et chantaient jusqu'à s'évanouir et à tomber d'épuisement, en proie à des visions. Ils dansaient de cette façon pour le retour de leurs morts, pour que revienne le bison. Un prophète leur avait dit que, par le pouvoir de la danse du fantôme, la terre s'enroulerait à la façon d'un tapis, emportant toutes les oeuvres de l'homme blanc - les clôtures des campagnes, les villes minières avec leurs lupanars, les usines, les fermes avec leurs animaux contre-nature et qui empestent, les voies ferrées et les poteaux télégraphiques. Et sous ce monde blanc enroulé pour de bon, nous retrouverions la prairie et ses fleurs, non contaminée, avec ses hordes de bisons et d'antilopes, ses nuages d'oiseaux, donnés à tous, réjouissance commune.

(...)
Tahca Ushte “ De mémoire indienne” chapitre VII p130 Plon éd

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Powow



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MessageSujet: Re: Les Lakotas rompent avec les USA   Dim 6 Jan - 23:24

Merci Ugatza Wink
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Chichaî




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MessageSujet: Re: Les Lakotas rompent avec les USA   Lun 7 Jan - 16:20

P1! Quelle papabre! cheers
C'est trop beau pour être vrai, TOUT est vrai! Shocked
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CANIS
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MessageSujet: Re: Les Lakotas rompent avec les USA   Lun 7 Jan - 18:32

Oupssss jolie texte. Et dire que certains osent les traiter de sauvages ! Loulou nous dirait " Les cons ça ose tout ! C'est même à ça qu'on les reconnaît ".
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Détruis-la, et elle te détruira.
Ce n'est que justice.
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Ugatza
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MessageSujet: Re: Les Lakotas rompent avec les USA   Lun 7 Avr - 20:51

Y a deux questions comme ça qui viennent de me traverser l'esprit.... Twisted Evil
Les Tibétains sont-ils des chauvins?
"Peuple Tibétain", est-ce un slogan?
Mmmmmh?
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