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Les bulletins loup N° 26 et 27 viennennt de paraitre : http://nature-biodiversite.forumculture.net/t69-bulletin-loup-oncfs-mars-1998-a-septembre-2012 pourles lire "sans problème" les enregistrer puis les ouvrir sous Adobe reader X

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 Réflexions sur le pastoralisme :

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Michel
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MessageSujet: Réflexions sur le pastoralisme :   Jeu 15 Juin 2006 - 12:34

Réflexions sur le pastoralisme :

Tout d’abord contrairement a ce qu’affirme les éleveurs, l’évolution de l’environnement alpin est du principalement et en premier lieu à la crise ovine, c’est elle qui « comme ils disent » engendre la fermeture des espaces, par l’abandon des pâturages. La période florissante des estives qui a vu fleurir des chapelets de cabanes correspond aux années 1800-1850. Puis un abandon progressif s’est sérieusement accentué au cours de la guerre de 14, et s’est accentué à la vitesse grand v depuis.
De toute l’activité agricole, l’élevage ovin est sûrement celle la moins bien rémunérée.

Rapport sénatorial 1998 - Le revenu des exploitations ovines spécialisées dépasse de 30 % son niveau du début des années 80. Mais il demeure parmi les plus faibles dans l'ensemble des exploitations et ne représente qu'un peu plus de 40 % de celui de la moyenne des exploitations à temps complet.

Donc, cette branche de la profession voit une déprise certaine, et le nombre d’éleveur continue de chuter invariablement. La baisse en euros constants du prix de la carcasse n’est pas compensée par les différentes primes mises en place pour venir en aide aux éleveurs. Ces primes représentent en général a peu près 50 % de leurs revenus. Ces primes ont de par leur mode d’attribution contribué à l’extensification des troupeaux. C’est pour cela que, mathématiquement du fait de leur attribution a l'animal, pour compenser leurs pertes, ils sont contraints d’accroître la taille de leur troupeau, pour essayer de stabiliser leur revenu. Sinon, ils doivent faire un effort pour essayer de diversifier leur production (et cela est parfois bien difficile, proximité de la retraite, terres placées en zone défavorisée, etc…) mais je ne parle pas ici des éleveurs de la Crau par exemple qui possèdent plusieurs milliers d’ovins. Ils ont donc été obligés de faire une conduite d’élevage de plus en plus extensive, avec de moins en moins de main d’œuvre. Ces habitudes de ne surveiller qu’épisodiquement le troupeau sur les estives, ont été prises avant le retour du loup, ce qui leur permettait d’avoir une activité professionnelle complémentaire et acquérir ainsi un revenu supplémentaire. (Certain ne parlaient plus de conduite des troupeaux, mais carrément d’abandon avec tout ce que cela pouvait comporter comme nuisances, tant pour les animaux que pour le biotope des estives, surpâturage, ravinement…)
Il est vrai que le retour du loup a complètement modifié les paramètres de la conduite des troupeaux. L’éleveur doit maintenant assurer une surveillance quasi permanente de son cheptel. Donc il faut être conscient que le loup, n’affecte pas seulement la gestion des troupeaux, mais qu’il modifie également le mode de vie de ces petits éleveurs. D’où un choix crucial qui se pose à lui abandonner son activité ou s’y consacrer a plein temps.
Mais il y a les conclusions du rapport Honde : Le retour du loup est incompatible avec le maintien du pastoralisme à la française. C'est-à-dire tout ce que je viens d’énumérer ci-dessus. On peut résumer en gros : Production de viande, conduite d’élevage extensive, abandon de la surveillance des troupeaux car plus de prédateurs (loup, ours, lynx), et on pourrait rajouter les histoires du petit chaperon et de la chèvre de monsieur Seguin. Donc il faut que les éleveurs s’adaptent et réapprennent à vivre avec un prédateur. Adapter leurs moyens de protections et établir une prévention efficace. (Filet de protection, patous, regroupement nocturne, présence quasi permanente d’un berger…). Si ces éléments ne sont pas réunis le rapport Honde prend alors tout son sens !

Les agriculteurs peuvent aussi s’associer en groupements pastoraux, ce qui est beaucoup plus facile pour conduire les troupeaux en estive. Le Parc du Mercantour avait essayé de promouvoir de cette façon l’agneau du Mercantour . Mais les éleveurs, opposés à l’idée de faire la promotion du parc qui avait vu le retour du loup, ont refusé et ont préféré conserver leur indépendance, dans l’optique de pouvoir s’élever ensuite en bloc contre le retour du prédateur.
De plus, la réduction du nombre d’élevage, la nouvelle orientation de la montagne, en partie a travers ses parcs, vers l’activité touristique déplait sûrement à certains éleveurs, qui se plaignent de ne pas avoir suffisamment de moyens pour exercer leur métier. Il ne faut toutefois pas oublier qu’avant l’arrivée du loup, c'est-à-dire avant les années 1990, les éleveurs étaient vraiment « les oubliés » et n’avaient aucun moyen de se faire entendre. Chacun exerçait donc tant bien que mal son métier dans son coin. Les cabanes d’alpages tombaient en ruine, les sentiers d’estives commençaient à être condamnés, la filière ovine disparaissait inexorablement. On peut donc conclure que le retour du loup n’a pas eu que des effets négatifs sur le pastoralisme français. Car dans les estives « publiques » les cabanes ont été rénovées, les sentiers réhabilités, les moyens de communication améliorés…
Voilà quelques réflexions qui me sont venues sur le métier d’éleveur… vous pouvez me faire part des votres....

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CANIS
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le pastoralisme :   Ven 16 Juin 2006 - 3:54

Il n'y a rien à rajouter au sujet de ce texte qui résume et surtout explique très bien les raisons du malaise des éleveurs français. Toute personne qui s'est intéressée au loup depuis son retour, ne peut être qu'en accord avec cet article, il y a juste un facteur oublié (pauvre homme), qui est le facteur "ovin Néo-zélandais" qui fait chuter les prix de la viande ovine française.
--Je relève toutefois ceci "Le Parc du Mercantour avait essayé de promouvoir de cette façon l’agneau du Mercantour . Mais les éleveurs, opposés à l’idée de faire la promotion du parc qui avait vu le retour du loup, ont refusé et ont préféré conserver leur indépendance, dans l’optique de pouvoir s’élever ensuite en bloc contre le retour du prédateur " ce qui m'enlève toute envie, si j'en avais eu une, de les plaindre et qui me ferait plutôt dire à ceux qui ont adhéré à cette idée, que leur problème n'est que le résultat de leurs attitudes et de leur façon de faire. Messieurs vous vous trompez de cible.

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Respecte la nature et elle te le rendra. Détruis-la, et elle te détruira. Ce n'est que justice.
Aussi petit que soit l’amour, il sera toujours plus grand que la haine.


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Ugatza
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le pastoralisme :   Lun 19 Juin 2006 - 10:47

Bon...On va essayer de "mettre le feu"... Cool
Voici des propos volontairement provocateurs pour essayer de lancer le débat..
Michel a écrit:

Tout d’abord contrairement a ce qu’affirme les éleveurs, l’évolution de l’environnement alpin est du principalement et en premier lieu à la crise ovine, c’est elle qui « comme ils disent » engendre la fermeture des espaces, par l’abandon des pâturages. La période florissante des estives qui a vu fleurir des chapelets de cabanes correspond aux années 1800-1850. Puis un abandon progressif s’est sérieusement accentué au cours de la guerre de 14, et s’est accentué à la vitesse grand v depuis.
De toute l’activité agricole, l’élevage ovin est sûrement celle la moins bien rémunérée.
Ce n'est pas EN SOI une mauvaise chose.
Voir le dernier hors série de Terre Sauvage sur les forêts de France et notamment l'article sur la RTM (restauration des terrains de montagne) en page 50...

Michel a écrit:

Rapport sénatorial 1998 - Le revenu des exploitations ovines spécialisées dépasse de 30 % son niveau du début des années 80. Mais il demeure parmi les plus faibles dans l'ensemble des exploitations et ne représente qu'un peu plus de 40 % de celui de la moyenne des exploitations à temps complet.

Donc, cette branche de la profession voit une déprise certaine, et le nombre d’éleveur continue de chuter invariablement. La baisse en euros constants du prix de la carcasse n’est pas compensée par les différentes primes mises en place pour venir en aide aux éleveurs.
Oui.
Mais s'émeut-on autant de la disparition d'autres métiers (petits épiciers, cordonniers, boulangers) et les aide-t-on autant à survivre alors que bien souvent, ils jouent un rôle de service public?
Et je ne parle pas des services publics eux mêmes (poste, école)...
On semble accorder plus d'importance au pastoralisme parce qu'il est garant de l'ouverture (à quel prix écologique?) des paysages...Quelle est la véritable raison de cet attachement au refus de la forêt? Wink
D'autre part pourquoi défendre l'existence du pastoralisme, quand les éleveurs eux mêmes votent pour des élus qui se font ensuite les fossoyeurs des paysages pastoraux?
Je pense en particulier à ceux qui votent Lassalle, Bayrou et Tunnel du Somport en Vallée d'Aspe...

Michel a écrit:

Ces primes représentent en général a peu près 50 % de leurs revenus. Ces primes ont de par leur mode d’attribution contribué à l’extensification des troupeaux. C’est pour cela que, mathématiquement du fait de leur attribution a l'animal, pour compenser leurs pertes, ils sont contraints d’accroître la taille de leur troupeau, pour essayer de stabiliser leur revenu.
Ce n'est pas une raison pour faire des grands prédateurs des boucs émissaires, quand les responsables sont les tenants de l'économie de marché...
D'autre part qu'as tu voulu dire?
La proposition surlignée en vert n'est-elle pas contradictoire avec l'autre surlignée en rouge?

Michel a écrit:

Sinon, ils doivent faire un effort pour essayer de diversifier leur production (et cela est parfois bien difficile, proximité de la retraite, terres placées en zone défavorisée, etc…) mais je ne parle pas ici des éleveurs de la Crau par exemple qui possèdent plusieurs milliers d’ovins. Ils ont donc été obligés de faire une conduite d’élevage de plus en plus extensive, avec de moins en moins de main d’œuvre. Ces habitudes de ne surveiller qu’épisodiquement le troupeau sur les estives, ont été prises avant le retour du loup, ce qui leur permettait d’avoir une activité professionnelle complémentaire et acquérir ainsi un revenu supplémentaire. (Certain ne parlaient plus de conduite des troupeaux, mais carrément d’abandon avec tout ce que cela pouvait comporter comme nuisances, tant pour les animaux que pour le biotope des estives, surpâturage, ravinement…)

1) Ils ont de la chance de pouvoir diversifier leur activité tout en étant aidés à maintenir le pastoralisme...D'autres, en perdant leur métier, perdent leur emploi...Et assez rapidement, le montant de leurs revenus tend vers le zéro. Combien d'ex-éleveurs chez les SDF?

2) Ce système travail dans la vallée + troupeau divagant (avec haut niveau de perte dont on s'accomode tant qu'il n'y a pas de prédateurs) conduit à des situations confortables (que j'ignorerais, si elles ne s'accompagnaient pas de la cupidité et de la haine contre l'Ours et le Loup)

Michel a écrit:

Il est vrai que le retour du loup a complètement modifié les paramètres de la conduite des troupeaux. L’éleveur doit maintenant assurer une surveillance quasi permanente de son cheptel. Donc il faut être conscient que le loup, n’affecte pas seulement la gestion des troupeaux, mais qu’il modifie également le mode de vie de ces petits éleveurs. D’où un choix crucial qui se pose à lui abandonner son activité ou s’y consacrer a plein temps.

"Doit" ou "devrait"?

Michel a écrit:

Mais il y a les conclusions du rapport Honde : Le retour du loup est incompatible avec le maintien du pastoralisme à la française. C'est-à-dire tout ce que je viens d’énumérer ci-dessus. On peut résumer en gros : Production de viande, conduite d’élevage extensive, abandon de la surveillance des troupeaux car plus de prédateurs (loup, ours, lynx), et on pourrait rajouter les histoires du petit chaperon et de la chèvre de monsieur Seguin. Donc il faut que les éleveurs s’adaptent et réapprennent à vivre avec un prédateur. Adapter leurs moyens de protections et établir une prévention efficace. (Filet de protection, patous, regroupement nocturne, présence quasi permanente d’un berger…). Si ces éléments ne sont pas réunis le rapport Honde prend alors tout son sens !

Pas d'accord!
Dans les régions où il n'y a plus ni ours, ni lynx, ni loup, et où bien sûr les troupeaux ne sont pas gardés (les éleveurs sont aidés SANS CONTREPARTIE), il y a un fort taux de mortalité lié directement à l'absence de garde (et donc de soins) comparable à celui des régions où se sont implantés les loups.
Les éleveurs s'en accomodent très bien.
Encore qu'ils commencent à lorgner vers les vautours... une autre p.....d'espèce protégée (par et pour les escrologistes citadins) parcequ'ils ne leur rapportent rien A EUX...
Le loup n'est pas le problème.
Juste un moyen d'obtenir des avantages...
Et d'attiser l'antagonisme entre ville et campagne.

Michel a écrit:

Les agriculteurs peuvent aussi s’associer en groupements pastoraux, ce qui est beaucoup plus facile pour conduire les troupeaux en estive. Le Parc du Mercantour avait essayé de promouvoir de cette façon l’agneau du Mercantour . Mais les éleveurs, opposés à l’idée de faire la promotion du parc qui avait vu le retour du loup, ont refusé et ont préféré conserver leur indépendance, dans l’optique de pouvoir s’élever ensuite en bloc contre le retour du prédateur.
De plus, la réduction du nombre d’élevage, la nouvelle orientation de la montagne, en partie a travers ses parcs, vers l’activité touristique déplait sûrement à certains éleveurs, qui se plaignent de ne pas avoir suffisamment de moyens pour exercer leur métier. Il ne faut toutefois pas oublier qu’avant l’arrivée du loup, c'est-à-dire avant les années 1990, les éleveurs étaient vraiment « les oubliés » et n’avaient aucun moyen de se faire entendre. Chacun exerçait donc tant bien que mal son métier dans son coin. Les cabanes d’alpages tombaient en ruine, les sentiers d’estives commençaient à être condamnés, la filière ovine disparaissait inexorablement. On peut donc conclure que le retour du loup n’a pas eu que des effets négatifs sur le pastoralisme français. Car dans les estives « publiques » les cabanes ont été rénovées, les sentiers réhabilités, les moyens de communication améliorés…
Voilà quelques réflexions qui me sont venues sur le métier d’éleveur… vous pouvez me faire part des votres....
Tu mets le doigt dessus...
Mais l'indépendance des éleveurs n'existe pas, indemnisations ou pas: leur indépendance a disparu avec la rentabilité et la compétitivité de leur activité.
Sont-ils capables de les restaurer SANS aides? J'ai comme un gros doute...
En exterminant les loups?
Que dirait-on d'un manoeuvre licencié qui "refuserait" les allocations chômage (tout en les touchant, d'ailleurs) pour "avoir le droit" de braquer les banques? Evil or Very Mad

Pour conclure:

1) Pour moi, le pastoralisme, dans son bilan sur le plan écologique est plus nuisible qu'utile...(tout est dans le contrôle et le dosage)

2) Sur le plan humain-politique, j'exige une réciprocité comme préalable à toute forme de solidarité...

Et vous?
martin :sors:

_________________
A quoi ça sert un ours?
Et toi, à quoi sers-tu? Tu existes, c'est tout et c'est déjà prodigieux.
Et bien, c'est la même chose pour l'ours. C'est un être vivant, cela suffit.
Claude Dendaletche
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Michel
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le pastoralisme :   Mar 20 Juin 2006 - 0:29

Ugatza a écrit:
Bon...On va essayer de "mettre le feu"... Cool
Voici des propos volontairement provocateurs pour essayer de lancer le débat..
Michel a écrit:

Tout d’abord contrairement a ce qu’affirme les éleveurs, l’évolution de l’environnement alpin est du principalement et en premier lieu à la crise ovine, c’est elle qui « comme ils disent » engendre la fermeture des espaces, par l’abandon des pâturages. La période florissante des estives qui a vu fleurir des chapelets de cabanes correspond aux années 1800-1850. Puis un abandon progressif s’est sérieusement accentué au cours de la guerre de 14, et s’est accentué à la vitesse grand v depuis.
De toute l’activité agricole, l’élevage ovin est sûrement celle la moins bien rémunérée.
Ce n'est pas EN SOI une mauvaise chose.
Voir le dernier hors série de Terre Sauvage sur les forêts de France et notamment l'article sur la RTM (restauration des terrains de montagne) en page 50...

Ugatza a écrit:
Michel a écrit:

Rapport sénatorial 1998 - Le revenu des exploitations ovines spécialisées dépasse de 30 % son niveau du début des années 80. Mais il demeure parmi les plus faibles dans l'ensemble des exploitations et ne représente qu'un peu plus de 40 % de celui de la moyenne des exploitations à temps complet.

Donc, cette branche de la profession voit une déprise certaine, et le nombre d’éleveur continue de chuter invariablement. La baisse en euros constants du prix de la carcasse n’est pas compensée par les différentes primes mises en place pour venir en aide aux éleveurs.
Oui.
Mais s'émeut-on autant de la disparition d'autres métiers (petits épiciers, cordonniers, boulangers) et les aide-t-on autant à survivre alors que bien souvent, ils jouent un rôle de service public?
Et je ne parle pas des services publics eux mêmes (poste, école)...
On semble accorder plus d'importance au pastoralisme parce qu'il est garant de l'ouverture (à quel prix écologique?) des paysages...Quelle est la véritable raison de cet attachement au refus de la forêt? Wink
D'autre part pourquoi défendre l'existence du pastoralisme, quand les éleveurs eux mêmes votent pour des élus qui se font ensuite les fossoyeurs des paysages pastoraux?
Je pense en particulier à ceux qui votent Lassalle, Bayrou et Tunnel du Somport en Vallée d'Aspe...

Donc, si Michel il a écrit ça c’est qu’il ne s’émeut pas de la disparition du pastoralisme. Il n’accorde pas non plus de l’importance au pastoralisme parce qu’il est le garant de l’ouverture des paysages. Non, Michel il a écrit ça car les éleveurs disent que c’est la faute du loup si les terrains qui ne peuvent plus être pâturés s’embroussaillent, et donc, il démontre que c’est faux, que le loup n’en est pas la cause (donc les éleveurs sont des menteurs). Quant au choix du biotope estive, forêt, pistes de ski, ou autoroute ce n’est point le débat, (pour l’instant). Mon choix personnel se porterait sur les deux premiers cas cités…

Ugatza a écrit:

Michel a écrit:

Ces primes représentent en général a peu près 50 % de leurs revenus. Ces primes ont de par leur mode d’attribution contribué à l’extensification des troupeaux. C’est pour cela que, mathématiquement du fait de leur attribution a l'animal, pour compenser leurs pertes, ils sont contraints d’accroître la taille de leur troupeau, pour essayer de stabiliser leur revenu.
Ce n'est pas une raison pour faire des grands prédateurs des boucs émissaires, quand les responsables sont les tenants de l'économie de marché...
D'autre part qu'as tu voulu dire?
La proposition surlignée en vert n'est-elle pas contradictoire avec l'autre surlignée en rouge?

Les deux phrases ne sont nullement contradictoire. Du fait que la PCB (prime à la chèvre et à la brebis) est attribuée à l’animal, au plus l’éleveur aura d’animaux, au plus il aura une grosse prime sachant que cette prime est versée chaque année. Cette prime a été instaurée bien avant le retour du loup, donc encore une foi celui-ci n’a rien a voir là dedans, ce qu’il fallait démontrer. Ce système de prime a été instauré pour justement pallier l'effondrement des cours du mouton...qui date de bien avant le milieu des années 1990 qui ont vu le retour du loup.

Ugatza a écrit:
Michel a écrit:

Mais il y a les conclusions du rapport Honde : Le retour du loup est incompatible avec le maintien du pastoralisme à la française. C'est-à-dire tout ce que je viens d’énumérer ci-dessus. On peut résumer en gros : Production de viande, conduite d’élevage extensive, abandon de la surveillance des troupeaux car plus de prédateurs (loup, ours, lynx), et on pourrait rajouter les histoires du petit chaperon et de la chèvre de monsieur Seguin. Donc il faut que les éleveurs s’adaptent et réapprennent à vivre avec un prédateur. Adapter leurs moyens de protections et établir une prévention efficace. (Filet de protection, patous, regroupement nocturne, présence quasi permanente d’un berger…). Si ces éléments ne sont pas réunis le rapport Honde prend alors tout son sens !

Pas d'accord!
Dans les régions où il n'y a plus ni ours, ni lynx, ni loup, et où bien sûr les troupeaux ne sont pas gardés (les éleveurs sont aidés SANS CONTREPARTIE), il y a un fort taux de mortalité lié directement à l'absence de garde (et donc de soins) comparable à celui des régions où se sont implantés les loups.
Les éleveurs s'en accomodent très bien.
Encore qu'ils commencent à lorgner vers les vautours... une autre p.....d'espèce protégée (par et pour les escrologistes citadins) parcequ'ils ne leur rapportent rien A EUX...
Le loup n'est pas le problème.
Juste un moyen d'obtenir des avantages...
Et d'attiser l'antagonisme entre ville et campagne.

Pas d’accord avec quoi ? Que si les éleveurs n’appliquent pas ces mesures le rapport Honde prend tout son sens ?
Hors ZPP les éleveurs ne touchent pas de prime pour tout ce qui touche au loup la prédation et la protection. Les autres primes PCB, prime à l’herbe, investissement de l’état et de la CE au niveau des maladies ovines, oui ils touchent, indirectement pour la protection des maladies, oui ils sont aidés…ils touchent aussi une prime en cas de mortalité pathologique…
Oui, ils commencent à lorgner vers les vautours…ils envoient même des parapentistes…en reconnaissance… !!
Pour étayer cela :

forum de Libération - JLTorrent - lundi 12 juin 2006 20:04 a écrit:
Vu à la TV sur FR3 Montpellier, de quoi tomber assis par terre de stupéfaction, un eleveur de chevaux des Pyrénées accuse les vautours d'avoir provoqué la mort d'une jument, selon lui la jument aurait ete effrayée par des vautours et aurait fait une chute se brisant les pattes arrières et le bassin.

Autre «preuve» lors de la mort d'un autre cheval, parait il que 150 vautours tournaient autour du cadavre, bien evidemment la conclusion qui s'impose est que les vautours ont attaqué le cheval et sont responsables de sa mort.

Ensuite parait il qu'il y a 4000 vautours dans les Pyrénées et qu'il faudrait «limiter» leur nombre parce que s'ils deviennent plus nombreux ils seront une menace ...

Juste un moyen d’obtenir des avantages et du fric supplémentaire en créant de plus en plus de conflits…et il est vrai que le terrain leur est propice...(car il faut quand même le reconnaître qu'il y a pas mal d'escrologistescitadins, le loup il est bôôô…) mais n’est ce pas la nature humaine qui le veut ?

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Ugatza
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le pastoralisme :   Mar 20 Juin 2006 - 9:48

Michel a écrit:
Ugatza a écrit:
Bon...On va essayer de "mettre le feu"... Cool
Voici des propos volontairement provocateurs pour essayer de lancer le débat..
Michel a écrit:

Tout d’abord contrairement a ce qu’affirme les éleveurs, l’évolution de l’environnement alpin est du principalement et en premier lieu à la crise ovine, c’est elle qui « comme ils disent » engendre la fermeture des espaces, par l’abandon des pâturages. La période florissante des estives qui a vu fleurir des chapelets de cabanes correspond aux années 1800-1850. Puis un abandon progressif s’est sérieusement accentué au cours de la guerre de 14, et s’est accentué à la vitesse grand v depuis.
De toute l’activité agricole, l’élevage ovin est sûrement celle la moins bien rémunérée.
Ce n'est pas EN SOI une mauvaise chose.
Voir le dernier hors série de Terre Sauvage sur les forêts de France et notamment l'article sur la RTM (restauration des terrains de montagne) en page 50...

Ugatza a écrit:
Michel a écrit:

Rapport sénatorial 1998 - Le revenu des exploitations ovines spécialisées dépasse de 30 % son niveau du début des années 80. Mais il demeure parmi les plus faibles dans l'ensemble des exploitations et ne représente qu'un peu plus de 40 % de celui de la moyenne des exploitations à temps complet.

Donc, cette branche de la profession voit une déprise certaine, et le nombre d’éleveur continue de chuter invariablement. La baisse en euros constants du prix de la carcasse n’est pas compensée par les différentes primes mises en place pour venir en aide aux éleveurs.
Oui.
Mais s'émeut-on autant de la disparition d'autres métiers (petits épiciers, cordonniers, boulangers) et les aide-t-on autant à survivre alors que bien souvent, ils jouent un rôle de service public?
Et je ne parle pas des services publics eux mêmes (poste, école)...
On semble accorder plus d'importance au pastoralisme parce qu'il est garant de l'ouverture (à quel prix écologique?) des paysages...Quelle est la véritable raison de cet attachement au refus de la forêt? Wink
D'autre part pourquoi défendre l'existence du pastoralisme, quand les éleveurs eux mêmes votent pour des élus qui se font ensuite les fossoyeurs des paysages pastoraux?
Je pense en particulier à ceux qui votent Lassalle, Bayrou et Tunnel du Somport en Vallée d'Aspe...

Donc, si Michel il a écrit ça c’est qu’il ne s’émeut pas de la disparition du pastoralisme. Il n’accorde pas non plus de l’importance au pastoralisme parce qu’il est le garant de l’ouverture des paysages. Non, Michel il a écrit ça car les éleveurs disent que c’est la faute du loup si les terrains qui ne peuvent plus être pâturés s’embroussaillent, et donc, il démontre que c’est faux, que le loup n’en est pas la cause (donc les éleveurs sont des menteurs). Quant au choix du biotope estive, forêt, pistes de ski, ou autoroute ce n’est point le débat, (pour l’instant). Mon choix personnel se porterait sur les deux premiers cas cités…
Rhôôô...je le sais bien. C'est l'argument des éleveurs que tu citais que je commentais. Very Happy



Michel a écrit:

Ugatza a écrit:

Michel a écrit:

Ces primes représentent en général a peu près 50 % de leurs revenus. Ces primes ont de par leur mode d’attribution contribué à l’extensification des troupeaux. C’est pour cela que, mathématiquement du fait de leur attribution a l'animal, pour compenser leurs pertes, ils sont contraints d’accroître la taille de leur troupeau, pour essayer de stabiliser leur revenu.
Ce n'est pas une raison pour faire des grands prédateurs des boucs émissaires, quand les responsables sont les tenants de l'économie de marché...
D'autre part qu'as tu voulu dire?
La proposition surlignée en vert n'est-elle pas contradictoire avec l'autre surlignée en rouge?

Les deux phrases ne sont nullement contradictoire. Du fait que la PCB (prime à la chèvre et à la brebis) est attribuée à l’animal, au plus l’éleveur aura d’animaux, au plus il aura une grosse prime sachant que cette prime est versée chaque année. Cette prime a été instaurée bien avant le retour du loup, donc encore une foi celui-ci n’a rien a voir là dedans, ce qu’il fallait démontrer. Ce système de prime a été instauré pour justement pallier l'effondrement des cours du mouton...qui date de bien avant le milieu des années 1990 qui ont vu le retour du loup.
Ah bon...
Mais tu aurais du dire intensification des troupeaux alors...
Pastoralisme extensif, ça veut dire pastoralisme "léger" avec peu de troupeaux et peu de bêtes....


Michel a écrit:

Ugatza a écrit:
Michel a écrit:

Mais il y a les conclusions du rapport Honde : Le retour du loup est incompatible avec le maintien du pastoralisme à la française. C'est-à-dire tout ce que je viens d’énumérer ci-dessus. On peut résumer en gros : Production de viande, conduite d’élevage extensive, abandon de la surveillance des troupeaux car plus de prédateurs (loup, ours, lynx), et on pourrait rajouter les histoires du petit chaperon et de la chèvre de monsieur Seguin. Donc il faut que les éleveurs s’adaptent et réapprennent à vivre avec un prédateur. Adapter leurs moyens de protections et établir une prévention efficace. (Filet de protection, patous, regroupement nocturne, présence quasi permanente d’un berger…). Si ces éléments ne sont pas réunis le rapport Honde prend alors tout son sens !

Pas d'accord!
Dans les régions où il n'y a plus ni ours, ni lynx, ni loup, et où bien sûr les troupeaux ne sont pas gardés (les éleveurs sont aidés SANS CONTREPARTIE), il y a un fort taux de mortalité lié directement à l'absence de garde (et donc de soins) comparable à celui des régions où se sont implantés les loups.
Les éleveurs s'en accomodent très bien.
Encore qu'ils commencent à lorgner vers les vautours... une autre p.....d'espèce protégée (par et pour les escrologistes citadins) parcequ'ils ne leur rapportent rien A EUX...
Le loup n'est pas le problème.
Juste un moyen d'obtenir des avantages...
Et d'attiser l'antagonisme entre ville et campagne.

Pas d’accord avec quoi ? Que si les éleveurs n’appliquent pas ces mesures le rapport Honde prend tout son sens ?
Hors ZPP les éleveurs ne touchent pas de prime pour tout ce qui touche au loup la prédation et la protection. Les autres primes PCB, prime à l’herbe, investissement de l’état et de la CE au niveau des maladies ovines, oui ils touchent, indirectement pour la protection des maladies, oui ils sont aidés…ils touchent aussi une prime en cas de mortalité pathologique…
Oui, ils commencent à lorgner vers les vautours…ils envoient même des parapentistes…en reconnaissance… !!
Pour étayer cela :

forum de Libération - JLTorrent - lundi 12 juin 2006 20:04 a écrit:
Vu à la TV sur FR3 Montpellier, de quoi tomber assis par terre de stupéfaction, un eleveur de chevaux des Pyrénées accuse les vautours d'avoir provoqué la mort d'une jument, selon lui la jument aurait ete effrayée par des vautours et aurait fait une chute se brisant les pattes arrières et le bassin.

Autre «preuve» lors de la mort d'un autre cheval, parait il que 150 vautours tournaient autour du cadavre, bien evidemment la conclusion qui s'impose est que les vautours ont attaqué le cheval et sont responsables de sa mort.

Ensuite parait il qu'il y a 4000 vautours dans les Pyrénées et qu'il faudrait «limiter» leur nombre parce que s'ils deviennent plus nombreux ils seront une menace ...

Juste un moyen d’obtenir des avantages et du fric supplémentaire en créant de plus en plus de conflits…et il est vrai que le terrain leur est propice...(car il faut quand même le reconnaître qu'il y a pas mal d'escrologistescitadins, le loup il est bôôô…) mais n’est ce pas la nature humaine qui le veut ?
Bon...je me doutais bien qu'on était d'accord là-dessus (et aussi sur le reste Wink )....
C'était histoire de lancer le débat. lol!
Je dirais que c'est le rapport Honde qui n'a pas de sens.
La nature humaine? C'est quoi ce truc? Question :study:
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le pastoralisme :   Mar 20 Juin 2006 - 11:40

forum de Libération - JLTorrent - lundi 12 juin 2006 20:04 a écrit:
Autre «preuve» lors de la mort d'un autre cheval, parait il que 150 vautours tournaient autour du cadavre, bien evidemment la conclusion qui s'impose est que les vautours ont attaqué le cheval et sont responsables de sa mort.

Ensuite parait il qu'il y a 4000 vautours dans les Pyrénées et qu'il faudrait «limiter» leur nombre parce que s'ils deviennent plus nombreux ils seront une menace ...
À 150 sur 1 cadavre ça fait un grand cheval quand même....
Mais 4000 vautours dans les pyrénées... faudra prévenir le FIR que le chiffre de 438 couples en 2005 va être à revoir à la hausse pour 2006 alors... Cool Laughing geek


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